Les différents types de chants dans la Capoeira

Les différents types de chants dans la Capoeira

 

La musique est au coeur même de la capoeira, sans elle, il serait impossible d’imaginer pouvoir la pratiquer correctement. Au delà de tous les instruments (comme le berimbau, l’atabaque, le pandeiro etc..) qui créent le rythme du jeu, c’est bel et bien le chant qui va guider les mouvements des capoeiristes. Il existe plusieurs types de chant connus, souvent utilisés dans la capoeira. Chaque chant a une fonction particulière et doit être chanté à un moment bien précis.

La Ladainha (Litanie)

La ladainha est la chanson qui ouvre la roda, elle est chantée (et jouée) uniquement par la personne qui dirige la roda, celle qui tient le berimbau au ton le plus grave.

Très présente dans la religion catholique et aussi dans le culte grec et romain, la litanie est une prière composée d’une suite d’invocations aux saints ou aux divinités. Avec le temps la litanie est devenu un chant ou un texte ayant une vertu incantatoire, avec des paroles répétitives.

Dans la capoeira, les ladainhas (litanie) ont à peu près le même rôle. Elles font référence à Dieu, ou à certaines divinités du Candomblé. En effet, beaucoup de capoeiristes sont issus du Candomblé ou bien pratiquent le catholicisme. Souvent, la ladainha raconte une histoire sur les origines de la capoeira, sur des évènements marquants ou des légendes liées à la capoeira. Cependant, il n’est pas rare de trouver des ladainhas écrites à la manière d’une fable ayant une portée morale ou bien contant un fait historique en relation avec la douloureuse histoire de la capoeira.

La ladainha se démarque des autres chants comme étant une lamentation, une véritable supplication qui oblige le chanteur a interprétée avec le plus d’émotion possible et en prenant son temps pour que toute la ronde (ou roda) puisse prêter attention aux paroles. Si la répétition est très présente dans les litanies, dans les ladainhas, c’est légèrement différent. Les paroles sont plutôt travaillé mais la mélodie est redondante.

La Louvação (louange)

A la fin de la ladainha, le soliste qui est la plupart du temps le maître ou bien la personne la plus gradé de la ronde chante la louvação qui est une louange a Dieu ou parfois à certains grands maîtres.

Le soliste commence avec « Ie Viva meu Deus » et le chœur (coro) reprend avec « Ie Viva meu Deus camara » Le soliste peut prononcer autant de louanges qu’il le souhaite en fonction bien sûr, du contexte de la ronde. Il n’est pas rare d’ailleurs de voir les deux capoeiristes accroupis au pied du berimbau gunga réagir conformément à ce que le soliste dit. Par exemple, lorsque le soliste dit «  Ie Viva meu Deus camara » les deux capoeiristes lèveront les mains au ciel, une manière de dire que Dieu se trouve au ciel.

Dans la capoeira régionale, la louvação est chantée avec un ton descendant. Par ailleurs, au lieu de prononcé « Ie », le soliste dit  « Ee ».

Le Corrido

Après la louvação, lorsque la roda est lancée, celui qui dirige la roda (le maître la plupart du temps) entame un corrido. Corrido signifie course, l’idée de mouvement en opposition à la ladainha qui impose le calme et l’immobilité des deux capoeiristes. Composé d’une ou de deux phrases au maximum, le corrido est un chant plus accéléré où l’ensemble de la ronde répète ce que le soliste dit.

Le corrido indique aux deux capoeiristes qu’il est l’heure de jouer à présent. Ce sont des chansons basées sur un échange entre le soliste et la roda (qui forme les chœurs) et qui peuvent prendre de nombreuses formes plus ou moins longues ou compliquées.

Elles peuvent raconter plein de choses différentes, des anecdotes, commenter le jeu qui est en train de se dérouler ou même appeler ou motiver un des capoeiristes. Parfois aussi, elles n’ont pas vraiment de signification mais sont chantées pour  enflammer encore plus la roda.

Ainsi les capoeiristes changent parfois leur façon de jouer en fonction des chants.

La Quadra (quatrain)

La quadra est un chant à 4 vers ; c’est le type de chant que l’on rencontre le plus souvent dans la capoeira aujourd’hui. Le refrain quant à lui n’est pas forcément la répétition de la quadra mais peut être composé d’un ou 2 vers donnant ainsi plus de rythme à la roda.

Quadra de Bimba

Les quadras de Bimba sont particulières. Elles se démarquent en 4 points des quadras ordinaires: chaque première phrase est doublée, les vers sont épurés au possible, les histoires sont des scènes de la vie courante avec beaucoup de verbes d’actions et elles s’achèvent sur un ton descendant et par le fameux rire comme une sorte de rire moqueur très rattaché au maître Bimba.

 

 

Quand on débute la capoeira il est normal de ne pas connaître les paroles des chansons (et des chœurs). Cependant, comme il est dit plus haut, le plus important c’est l’énergie que l’on apporte dans la roda, donc les débutants ont le droit de faire du « yaourt » quand ils chantent. Chacun sa propre expression, c’est une des richesses de la capoeira.

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