Quelles différences entre la capoeira Régionale et Angola ?

Quelles différences entre la capoeira Régionale et Angola ?

 

La Capoeira est un sport brésilien d’origine Africaine, elle est apparue au Brésil à l’époque esclavagiste. Il faudra attendre le début du XXe siècle pour que la capoeira soit peu à peu reconnue comme discipline à part entière. Il existe principalement deux écoles, l’ “Angola” et la “Régionale”. Mais quelles sont les différences entre ces deux variantes de la capoeira ?

La Capoeira Angola

La Capoeira Angola est le style le plus proche de la capoeira dite “traditionnelle” telle qu’elle était pratiquée par les esclaves. Elle est caractérisée par un jeu plus lent avec des mouvements furtifs exécutés près du sol ou debout. L’intention est toujours de déséquilibrer l’adversaire grâce à la ruse et l’habileté, plus que la force brute elle-même. Elle souligne les traditions de la Capoeira, qui dans ses racines est liée aux rituels afro-brésiliens. Sa musique est cadencée, organique et ritualisée. Pour être correcte, elle doit toujours être accompagnée  par une « bateria » (ensemble d’instruments) complète de 8 instruments.

La désignation « Angola » apparaît avec les hommes noirs provenant d’Afrique,qui ont embarqués dans le port de Luanda et qui sont venus au Brésil. Indépendamment de leurs origines, ils étaient appelés « Noirs d’Angola » à leur arrivée au Brésil.

Le Maître Pastinha (Vicente Ferrera Pastinha) était la grande icône du style. Il souhaitait conserver les coutumes ancestrales qui y étaient associées. Grand défenseur de la préservation de la Capoeira Angola, il inaugura le 23 février 1941 sa première école de “Capoeira Angola”, le « Centro Esportivo de Capoeira Angola (CECA) ».

Le Maître Pastinha forma beaucoup de Grands Maîtres de Capoeira Angola, qui continuent aujourd’hui à transmettre leur connaissance aux nouveaux angoleiros. Il est commun au premier coup d’œil de voir le jeu de l’Angola comme inoffensif et non élaboré. Cependant, il ressemble aux échecs par sa subtilité, le subterfuge, la dissimulation, la théâtralisation, la malice et/ou même la plaisanterie pour surpasser l’adversaire.

La Capoeira Régionale

La capoeira Regional a été créée par le Maître Bimba (Manoel dos Reis Machado, 1899-1974). Il réussit à transformer une pratique de combat de rue en un véritable lutte structurée, avec des règles bien précises.

La Regional surgit aux alentours de 1930. Mais le Maître Bimba ne s’est pas seulement préoccupé de faire reconnaître la Capoeira comme une lutte, mais il a créé aussi une véritable méthodologie d’enseignement. Ses « séquences » aidaient l’élève à acquérir les mouvements fondamentaux de la Capoeira. Initialement, le Maître Bimba appelait sa capoeira la « Luta regional baiana », d’où vient le nom « Regional ». Le père du Maître Bimba pratiquant la Batuque, une lutte africaine, Maître Bimba incorpora des éléments du Batuque à la capoeira, notamment des coups de pieds traumatisants.

La Capoeira Regionale est plus récente que la capoeira Angola, avec des éléments d’arts-martiaux dans son jeu. Elle est devenue rapidement populaire, montrant la Capoeira au grand public et changeant l’image de marginale que le capoeiriste avait au Brésil jusque-là.

Les points fort de la Capoeira Régionale sont les projections (quedas), les balayages (rasteiras) et le coups de tête (cabeçadas). Dans les jeux plus rapide comme celui de São Bente Grande de Bimba, le style de capoeira doit être explosif, toujours avec des systèmes « d’attaque / défense ». L’ensemble des coups doivent être objectif, mais toujours dans le respect de l’autre.

En 1932, Maître Bimba fonda la première académie de capoeira enregistrée officiellement, à Salvador, avec le nom « Centro de Cultura Física e Capoeira Regional da Bahia. »

Les différences entre les deux

A la base, la différence entre Angola et Régionale est la lenteur et l’agilité de mouvements, d’autres surgissent avec le rythme du berimbau, quelques mouvements, le style de jeu, la philosophie de l’enseignement, la ronde de représentation publique, entre autres.
En effet, celles-ci sont seulement des différences techniques. De ce fait, ce sont les seules qui devraient exister. Ce n’est pourtant pas le cas.

La Capoeira Régionale est très efficace et contient peu de mouvements acrobatiques inutiles. Elle a une rythme assez rapide et les mouvements sont plus debouts. On la définit souvent comme une danse esthétique.

La Capoeira Angola n’est pas une danse esthétique mais plutôt un combat de malice qui prend les allures d’une danse. Elle est généralement plus lente et au ras-le-sol, mais gare aux surprises. On la définit plus comme un combat de rue.

La capoeira s’est répandue partout au Brésil et des styles de capoeira parallèles se sont développés. Ils ont certainement eu l’influence des vieux maîtres de Bahia mais se sont fait un caractère propre. On parle souvent de capoeira moderne ou contemporaine.
Elle a intégré bon nombre de mouvements acrobatiques qui n’ont aucun rapport avec le combat. La plupart des écoles maintenant sont considérées de ce style, certaines sont plus combatives alors que d’autre misent plus sur l’élégance des mouvements.

 

Au brésil, un capoeiriste peut avoir apprit sa capoeira dans la rue, en académie ou les deux, qu’elle soit Angola, Régionale ou Moderne. La beauté du sport bien pratiqué par tous est ce qui importe, et la paix, ce qu’elle apporte.

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