La capoeira: lutte ou danse ?

La capoeira: lutte ou danse ?

 

La capoeira, est-ce une lutte ou une danse ? On ne sait pas vraiment ce que c’est ! Voici le genre de questions auxquelles sont souvent confrontés les maîtres ou mestres de la capoeira. Ce mélange d’art martial, de danse et de musique connaît un succès grandissant. Inspirés des animaux, ses mouvements, à la grâce et la souplesse féline mais aussi à l’agilité du singe ou à la souplesse reptilienne charment de plus en plus. Que ce soit pour laisser votre corp s’exprimer, raffermir vos fesses ou muscler vos abdominaux, vos jambes et vos bras, on ne peut que vous conseiller de vous laissez porter par les sons de calebasses, de berimbau et les rythmes endiablés, et entrer dans la Roda.

Entre art…

On se frôle, on converse avec son corps, mais est-ce réellement de la danse ? La capoeira nécessite d’exécuter des mouvements acrobatiques, à ras du sol et parfois aérien tout comme la danse. Il s’agit de laisser son corps s’exprimer à travers des mouvements aléatoire mais maitrisés. On retrouve alors ce processus de spectacularisation pouvant faire penser à de la danse. D’ailleurs, une prestation de capoeira est souvent qualifiée de “performance”. Le jeu de capoeira peut se résumer a une immense et intense chorégraphie. Avez déjà vu un autre sport nécessitant de la musique pour être pratiqué ?

L’essence même du jeu repose sur la synchronisation des mouvements avec le rythme des instruments. Vous évoluez à travers les sonorités des choeurs contant les histoires légendaires et proférant des conseils et parfois des avertissements. Il faut laisser votre âme guider votre corps, on peut avoir son propre style comme dans la danse, car la capoeira n’est pas codifiée et apprécie même les créateurs.

Cette “danse du corps” est caractérisée par ses échanges, ses interactions motrices entre deux individus. Au delà d’un affrontement, les deux joueurs sont aussi dans une optique de coopération car via cette communication motrice, les joueurs devinent les prochains mouvements de l’autre et peuvent anticiper ou jouer en fonction de cela.

Ce quelque chose de la danse qu’a la capoeira réside dans l’énergie, la posture, l’harmonie et la fluidité de ses déplacements. Rappelons tout de même qu’à la fin du jeu, il n’y a pas de vainqueur déclaré. Les agissements des capoeiristes dépendent de leur état d’esprit sur le moment et leur volonté ou non de montrer quelque chose, de signifier autrement que par des mots leurs sentiments, leurs émotions. Ainsi, lorsqu’un jeune homme apprécie une jeune femme, le jeu et les mouvements, prendront une forme bien différente que si les deux protagonistes ne se supportent pas. Tout comme une danse en binôme mais sans être collé l’un à l’autre et sans se tenir mais avec des contacts tout de même.

La capoeira pour ses acteurs est bien souvent définie selon les termes de rituel et même de fête. L’essentiel n’est pas la victoire, c’est le show. Le jeu est fondé sur l’esthétisme et le respect de l’autre.Il existe toute une culture autour de la capoeira. Les écoles insiste sur l’apprentissage culturel et musical des chants et des instruments spécifique à cette pratique.

En ce sens, la capoeira peut être considéré comme une forme d’Art.

 

… et sport de combat

Revenons aux origines de la capoeira. Ce sport fut pratiqué dans la clandestinité par les esclaves africains déportés au Brésil au XVI ème siècle pour échapper et résister à leurs oppresseurs. Le but était de développer secrètement une forme de lutte déguisée en danse pour s’entraîner  au combat sans attirer l’attention ou se faire prendre. La capoeira reste donc avant tout un sport culturel. Elle est souvent définie selon les termes de lutte et d’art martial dû à son histoire. Et la capoeira est un sport très physique nécessitant un bon échauffement. Le capoeiriste est un athlète. Mais est-ce toujours une danse lorsque la violence et la rage entre en jeu ?

La Capoeira reste un combat basé sur l’anticipation des coups sans que ceux-ci soient portés. Les mouvements d’attaque et de défense des capoeiristes, qui se saluent avant de commencer leur jeu de lutte, sont exécutés avec malice et ruse. On retrouve une forme d’antagonisme, de défiance, sans aller forcément jusqu’à la compétition.

La capoeira est constituée d’un ensemble de techniques similaires à un sport de combat. Un joueur en exclut un autre de la Roda (aire de jeu) par un coup direct ou le fait chuter par un balayage, c’est grâce à un encodage précis des gestes qui rendent le capoeiriste à ce moment-là imprévisible. Ce combat se base donc sur un processus de sportivisation.

Il n’est pas rare pendant cette lutte qu’un coup de pied soit porté, que les joueurs se touchent ou qu’il y ait des balayages et des chutes spectaculaires. Il est possible de se faire mal pendant un jeu de Capoeira. C’était de toute façon, son utilité première lors de sa création. Mais même à l’abolition de l’esclavage, cet art martial a dégénéré en combat de rue. Les rivaux réglaient leur compte via cette pratique. La capoeira devint alors sanglante et se pratiquait avec des lames de rasoir. Heureusement plus maintenant.

S’il n’y a pas de vainqueur déclaré, il y a cependant une démonstration de domination par enchaînement de coups de pied plus rapides et/ou fermés et/ou bas. Le joueur se met lui-même en avant car il montre à toute l’assemblée qu’il est nettement supérieur.

La capoeira reste un jeu. Cet art de résistance part d’une réalité sociale, de façons de faire précises. Elle se définie une lutte et une danse à la fois. Les mythes de création eux-mêmes y font allusion. La capoeira est initialement une lutte qui s’est déguisée en danse pour échapper à la persécution. C’est la synthèse, un mélange de divers types de luttes, danses, acrobaties, musiques, philosophies et théâtres. Il est possible de voir la capoeira de plusieurs façons et cette dernière se pratique de plusieurs façons. Tout dépend de la personnalité des jours, de leur relation, du public et de leur façon d’observer le jeu et voir les choses. La capoeira est un ensemble, on pourrait la caractériser de combat rythmé ou de danse martiale.

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