En quoi le football s’inspire-t-il de la Capoeira ?

En quoi le football s’inspire-t-il de la Capoeira ?

 

Il y a peu de sports de combat qui ont la joie pour but et l’humour comme moyen d’action. Et encore moins de sports dont les médias nous abreuvent et qui nourrissent les réflexes identitaires et nationalistes. Mais pourquoi le football et la capoeira sont-ils les deux sports nationaux du Brésil ? Peut-être parce que, dans les deux sports, on pense avec son pied.

La capoeira précurseur du football

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, le Brésil a offert au monde quelques-uns des plus beaux footballeurs de l’histoire: Pelé, Garrincha, Socrates, Zico, Romário, Ronaldinho, Neymar… Une tradition qui prend en partie sa source dans la capoeira, l’art martial développé par les esclaves d’origine africaine.

Créée au 16e siècle par des esclaves dans le but de se défendre tout en feignant danser pour tromper la vigilance de leurs maîtres, la capoeira est d’abord prohibée. Pourtant, au fil des siècles, cette dernière s’impose comme l’autre sport national, après le football. Désormais, au Brésil, comme dans plus de 150 autres pays, toutes les classes sociales s’adonnent à la capoeira. Un caractère unificateur qui lui vaut de figurer au patrimoine culturel brésilien, gagnant ainsi toutes ses lettres de noblesse.

Chez les esclaves d’origine africaine est né un art martial qui devait être dissimulé en danse, en jeu, pour être toléré et qui se caractérisait entre autres par cette souplesse des hanches, assure-t-il. Les principes de la capoeira se retrouvent chez les attaquants brésiliens les plus spectaculaires, chez qui le dribble remplace l’esquive.

C’est en acceptant ces descendants d’esclaves comme une part intégrante de son identité que la société brésilienne s’émancipe à la moitié du XXe siècle, et connaît ses premiers succès en Coupe du monde de football en 2002.

« Pour comprendre notre football, vous devez comprendre la capoeira », assure le professeur Muniz Sodré dans l’ouvrage “Football against the enemy” de Simon Kuper. La relation tient en un seul mot, Ginga.

La Ginga

Perpétuellement inventer pour être imprévisible, prendre du plaisir pour être inspiré, et toujours en mouvement, principe de la Ginga en capoeira, pour pouvoir agir vite. Pas un hasard si le peuple brésilien aimera toujours plus un Ronaldinho qui détruit les systèmes avec le sourire qu’un Thiago Silva, parmi les références mondiales à son poste, qui n’incarne pas ce mélange de beauté et de créativité. Le sociologue brésilien João Lyra Filho a un jour dit que la capoeira était « le précurseur du football tel qu’il est joué au Brésil, avec ses jongleries propres aux mulâtres » . Une idée tellement ancrée et considérée comme un fait avéré que Zico lui-même, pourtant « européen » par son ascendance portugaise, a recruté un professeur de capoeira en 2002 à sa nomination à la tête de la sélection japonaise. L’idée ? Enseigner la « Ginga » aux Blue Samurai.

Contrer la force physique par la ruse

Il faut comprendre que la capoeira est l’art de tromper son adversaire, c’est une philosophie du corp où le relâchement et l’intelligence valent plus que la masse musculaire. Quel rapport avec le football ? Les footballeurs noirs et métisses voulant s’intégrer dans les équipes de blancs dans les années 30 devaient user de subterfuges. Il fallait  pouvoir faire face à la violence des joueurs blancs, mieux nourris donc plus forts physiquement, mais aussi favorisés par l’arbitrage. Au lieu de répondre à la force physique par de la force physique, les joueurs noirs se sont appuyés sur la malice, la ruse, la créativité. Une adversité qui va engendrer des légendes.

Les plus grandes idoles de notre football sont des dribbleurs, comme Garrincha et Pelé, des inventeurs de mouvements comme les capoeiristas. La bicyclette de Leonidas en Coupe du monde 1938 en est le symbole, tant le geste s’apparente au coup de pied acrobatique caractéristique de l’art martial brésilien.

 

Le football est donc bien plus lié à la capoeira qu’on ne le pense, on peut apercevoir derrière chaque dribble un mouvement du bassin similaire à celui de la capoeira. Deux sports qui sont donc à la fois tout deux brésiliens mais également très proactifs l’un envers l’autre. La capoeira est donc le sport parfait pour les footballeurs désirant améliorer leurs techniques de jeu et mieux comprendre l’origine de ces sports, si chers à la culture Brésilienne.

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